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L’engouement suscité chez les supporters guinéens pour la Coupe d’Afrique des
Nations n’a pas été proportionnel au résultat obtenu par le Syli national, éliminé sans
brio par la Côte d’Ivoire en quart de finale (5-0).

La participation de la Guinée à la 26e édition
de la Coupe d’Afrique des Nations de football
a suscité beaucoup de commentaires et
d’interrogations. Autant dire que le débat organisé
le 26 février à Koloma et dirigé par notre confrère
Oumar N’Diaye avait tout son sens. Il a surtout
permis aux uns et aux autres de donner leurs points
de vue, critiquer certains aspects et aussi faire des
recommandations. La Fédération guinéenne de
football, par le biais de son Secrétaire général,
Fodé Capi Camara, qui a estimé que le bilan du
Syli peut être considéré comme étant positif car,
d’après, l’équipe a pu se qualifier encore une fois
pour les quarts de finale. Un avis qui n’a pas été
partagé par les journalistes de la presse publique et
privée qui ont estimé dans leurs interventions que
le Syli national a été humilié pour la première fois
en Coupe d’Afrique des Nations, avec en prime
une prestation jugée catastrophique. Robert
Nouzaret a notamment été mis en cause par rapport
aux choix des joueurs. Il a également été souligné
les tâtonnements du sélectionneur au cours des
matches, avec parfois des choix jugés hasardeux.
Le fait que tous les assistants du sélectionneur
soient uniquement des Français et que lui-même
soit au four et au moulin en ce qui concerne notamment
l’organisation des stages de préparation de
l’équipe nationale a été dénoncé par certains intervenants.
Pour sa défense, Robert Nouzaret qui a
affiché par endroit son arrogance, a estimé que le
fait de dire que la prestation du Syli a été catastrophique
n’est autre qu’un acte de mauvaise foi. Il a
rappelé que toutes les dispositions ont été prises
par la Fédération guinéenne de football et le ministère
des Sports pour une brillante participation de
la Guinée à la CAN 2008. Tout en regrettant l’élimination
du Syli en quart de finale, il a souligné
que l’absence de Pascal Feindouno - qu’il a considéré
comme un génie du football à l’instar de
Zidane - lors des derniers matches du Syli a porté
préjudice au rendement de l’équipe. Il a affirmé
que certains jeunes qui étaient à leur première participation
à une phase finale de Coupe d’Afrique
des Nations lui ont donné satisfaction. Il a précisé
qu’il n’a pas sélectionné Kaba Diawara, Pablo
Thiam ou encore Sambégou Bangoura parce qu’ils
n’étaient pas en forme, tout en justifiant l’absence
de Ibrahima Yattara par le fait qu’il ne respecte pas
les consignes. Selon lui, il a été surpris de voir des
cadres de l’équipe passer à côté du sujet, en l’occurrence
Ismaël Bangoura et Fodé Mansaré, sans
oublier le geste inutile de Pascal Feindouno face au
Maroc qui a handicapé par la suite le Syli national.
Il a souligné que s’il s’implique personnellement
pour l’organisation des stages, c’est tout simplement
pour gagner en temps, surtout qu’il connaît le
terrain. En définitive, il a assumé l’élimination du
Syli national qui constitue pour lui un échec personnel
d’autant plus qu’il avait soutenu qu’il était
en mesure de conduire le Syli qui possède un effectif assez riche au sacre continental. Il a réitéré sa
volonté de poursuivre l’aventure avec le Syli national,
même si son premier contrat est arrivé à
échéance ce jeudi 28 février. Son objectif étant de
bâtir une équipe composée de jeunes et d’anciens
capable de relever le défi de la qualification tant
pour la CAN que pour le Mondial 2010. Certains
observateurs n’ont pas hésité à s’interroger à cet
effet sur la capacité de Nouzaret – dont le contrat
pourrait être prolongé à l’allure où vont les choses
- d’atteindre cet objectif, eu égard au spectacle produit
par ses poulains lors de la CAN ghanéenne. Le
Secrétaire général de la Fédération guinéenne de
football a ajouté qu’il n’est plus question de tenir
compte des avis émis par les marabouts qui sont
toujours mis à contribution lors des matches du
Syli, surtout que leur apport a été jugé négatif sur
toute la ligne. Certains intervenants ont également
regretté le fait que 30.000 dollars soient accordés
aux joueurs et encadreurs, alors que la prestation
du Syli n’a pas été à la hauteur des attentes. Pour
sa part, le président du Comité national des supporters,
Mohamed Diop, a réfuté catégoriquement
l’argument selon lequel sa structure a retenu sur sa
liste des badauds et non des supporters.
Le DAAF du ministère de la Jeunesse, des Sports
et de la Culture, Aboubacar Sidiki Koné, est
revenu quant à lui sur la gestion des moyens financiers
débloqués pour la participation guinéenne à
cette biennale du football africain. Selon lui, sur un
budget prévisionnel de 60 milliards de Francs
Guinéens, seulement 15.201.000.000 GNF ont été
dépensés. Cette somme englobe les primes des
joueurs, les frais de retransmission des matches, le
transport international et local de la délégation guinéenne,
l’hébergement, la restauration, l’accès au stade…Des dépenses qui, à en croire Sidiki Koné,
ont toutes des pièces justificatives et font l’objet
d’un rapport qui sera déposé dans les plus brefs
délais au ministère des Finances. Le Secrétaire
général du département en charge des Sports,
Alhassane Sow, a rappelé que le budget prévisionnel
n’était pas débloqué et mis à la disposition du
ministère, contrairement à certaines affirmations. Il
a ajouté que les dépenses s’effectuaient en fonction
des nécessités et dans la plus grande transparence.
La guerre froide qui a prévalu entre la Fédération
et le ministère des Sports avant, pendant et après la
CAN par rapport notamment à la gestion financière
de la participation guinéenne, a été également
au centre des débats. Un confrère n’a pas hésité à
affirmer que tant que les rapports entre les deux
parties ne seront pas redéfinis, le football guinéen
n’ira pas de l’avant. Ibrahima Sory Keïta “Petit
Sory”, en sa qualité de président de l’Association
des anciens sociétaires du Hafia 77, a mis l’accent
sur la nécessité de mettre en avant la formation des
joueurs. Ce qui, à son avis, permettra au football
guinéen de sortir de l’ornière, même si cela suppose
qu’il faille tenir en compte de beaucoup de
paramètres, comme la construction des infrastructures
sportives. A ce propos, la mise en service du
centre technique national a été sollicité par certains
intervenants, alors que Fodé Capi Camara a incité
les anciens footballeurs guinéens à suivre l’exemple
de leurs collègues ivoiriens et ghanéens qui ont
contribué au développement du football de leur
pays en créant des centres de formation. Selon
Alhassane Sow, un comité de techniciens s’attellera
dans les prochains jours à mener des réflexions
profondes relatives aux paramètres à tenir en
compte pour favoriser le développement du sport
guinéen. En définitive, les débats ont été parfois
très houleux, mais ont permis aux participants
d’extérioriser leurs pensées. Espérons que chacun
saura tirer les véritables leçons qui s’imposent afin
que le sport guinéen en général puisse enfin sortir
de l’ornière.
Mamoudou Bory Bah
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