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Contrairement à l’enthousiasme et à l’optimisme
presque béat des Guinéens, notre
confrère Gérard Dreyfus, dans son passeport
pour la CAN 2008 écrivait ‘’En 2006 comme
deux ans auparavant, le Syli National a échoué en
quart de finale de l’épreuve, montrant chaque fois
ses qualités collectives additionnées à des talents
individuels. A-t-il fait un blocage, avait-il dépassé
ses possibilités ? Non. Manque de réussite probablement.
Toujours est-il que ce grand pays de football
n’a jamais été récompensé et que son nom ne
figure toujours pas sur le socle du trophée.
Spontanément, lorsqu’on évoque le football guinéen,
plusieurs noms viennent à l’esprit : Pascal
Feindouno, Ismaël Bangoura aussi à l’aise au
Dynamo de Kiev en Ukraine, qu’il était au Mans
en France, Fodé Mansaré. Il manque toutefois
deux ou trois autres joueurs de très grand talent. Le
français Robert Nouzaret sera-t-il
celui qui aura su dénicher les bons
compléments à ceux cités précédemment
?...’’ La réponse à cette question
nous donne un aperçu des causes
immédiates de la déroute du Syli
National au Ghana. En effet, l’entraîneur
Nouzaret avait bâti son schéma
tactique en s’appuyant sur le capitaine Feindouno
comme meneur de jeu. Avec le carton rouge écopé
par ce dernier contre le Maroc, la stratégie du
coach était remise en cause. Il fallait donc faire
avec les joueurs disponibles. Cette explication
technique ne disculpe nullement l’entraîneur qui a
pêché par endroit.
Au fil de la compétition, l’on
s’est rendu compte que l’effectif de l’équipe nationale
n’était pas suffisamment étoffé pour donner
une réplique valable à ses adversaires. Contre la
Côte d’Ivoire, le match en seconde période a été
inégal .Nos joueurs ont subi le jeu des Ivoirienssans parvenir à réagir. Sur un tout autre plan, le
choix opéré par le coach d’évoluer avec un seul
joueur en pointe a été suicidaire. Souleymane
Youla s’est dépensé comme un beau diable sans
être efficace au sein de la division offensive. Les
statistiques l’atteste de façon éloquente : en quatre
rencontres disputées, le Syli National n’a inscrit
que cinq buts. Et dire que nous avions un potentiel
offensif très large. A ce niveau aussi, la responsabilité
du coach Nouzaret est engagée. Au cours de
la première période du match d’ouverture de la
CAN contre le Ghana le 20 janvier, les lacunes du
Syli National sont apparues au grand jour : un jeu
quelque peu attentiste et un marquage de zone
lâche qui donne la possibilité à l’adversaire de
développer son jeu.
Sans avoir la prétention d’accabler le sélectionneur
national, au plan technique, il assume la responsabilité
de la contre performance du
Syli National. En remontant la
chaîne des responsabilités, il
s’agit de situer les causes de notre
élimination dans un contexte
beaucoup plus large. Après trois
échecs successifs aux phases finales
de la CAN, nous devons êtres
maintenant à mêmes de tirer des enseignements
utiles et constructifs, afin que notre sélection nationale
puisse rebondir. Cette démarche s’avère indispensable
puisque dès le mois de juin, nous serons
aux charbons avec le éliminatoires combinées
CAN /Coupe du monde 2010.
La configuration du Syli National pose problème.
Nous disposons de quelques joueurs talentueux de
standing mondial, mais en nombre suffisant. A la
veille des phases finales, la réputation de la Guinée
était quelque peu surfaite. On se voyait déjà en
finale sans avoir livré le moindre match. Dopés parles résultats flatteurs des rencontres amicales, nous
sommes allés au Ghana avec des illusions. La
preuve a été maintenant établie que nous ne disposons
pas encore d’une équipe conquérante. Abrève
échéance, il reviendra à l’encadrement technique
de ratisser large et de constituer un groupe performant.
Pour ce faire, le sentimentalisme et l’affairisme
ne devraient plus être de mise. Sur cet aspect
du problème, la fédération doit être beaucoup plus
vigilante dans la gestion de l’équipe nationale. Le
football de nos jours rime avec des enjeux financiers
très importants. Les personnes qui gravitent
autour de l’équipe nationale doivent être au dessus
de tout soupçon, et être vraiment irréprochables. A
l’horizon 2010, il est bien possible de constituer
une équipe capable de relever le défi de la qualification
au tout premier mondial que notre continent
va abriter. C’est maintenant que les jalons de cet
objectif devraient être posés.
Le football local mérite une meilleure attention de
la part de la fédération et du ministère. En fait,
c’est toute la politique nationale sportive qui est en
cause. Nos décideurs devraient profiter de cette élimination
pour organiser les Etats généraux sur le
sport. Le dernier Conseil national des sports date
de mai 98. Un politique nationale s’élabore pour
une décennie. Il est donc indispensable, que la
famille sportive se retrouve pour faire une évaluation
objective des recommandations et préconisations
du Conseil national de 98. Par la même occasion,
la politique nationale sportive couvrant la
période 2008-2018 serait élaborée. Dans cette
séquence de temps, nous avons la CAN 2016 à
laquelle notre pays postule. Une raison objective
parmi tant d’autres pour convoquer les Etats généraux
sur le sport. Cette instance nous permettra
dans la sérénité d’établir un diagnostic exhaustif
des maux dont souffrent le football en particulier et
toutes les autres disciplines en général. Et l’opportunité
nous sera offerte de concevoir le planning de
la CAN 2016.
Ces deux axes de réflexion exploités nous permettraient
de ne pas tomber dans des querelles inutiles
de personnes au détriment de l’intérêt national.
Nous avons été certes, éliminés, mais ce n’est
guère une catastrophe. Il s’agit dorénavant de tirer
le meilleur parti de cette situation pour repartir
d’un bon pied. Nous avons le potentiel qu’il faut.
Nous avons besoin d’un peu plus d’organisation et
de rigueur pour rivaliser avec les meilleurs
d’Afrique
Thierno Saïdou DIAKITE
Le sélectionneur français du Syli national de
Guinée, Robert Nouzaret aura certainement
du mal à renouveler son contrat avec la
fédération guinéenne de football qui arrive à terme
le 28 février. La cinglante défaite de ses poulains
face aux Eléphants ivoiriens (5-0), du jamais vu en
Guinée, compromet déjà les chances de Nouzaret.
A la recherche d’une équipe nationale type depuis
qu’il est à la tête de notre onze national, Robert
Nouzaret était en partie responsable de la débâcle
du Syli à la Can 2008 au Ghana. D’abord, il faut
dire que depuis la publication de la liste des 23
joueurs sélectionnés en fin d’année 2007, de nombreux
connaisseurs du football guinéen et mêmes
des supporters avaient émis des doutes sérieux sur
son effectif allant jusqu’à redouter le pire pour le
Syli national. Après la Can ghanéenne, nous pensons
qu’on peut donner raison à tous ceux qui ont
critiqué la sélection de Robert Nouzaret. L’absence
de Kaba Diawara, de Sambégou Bangoura ou du
virevoltant Yattara à la ligne d’attaque, trois des
meilleurs joueurs du moment de l’équipe nationale,
a fait grincer des dents et inquiété plus d’un.
En réalité, le Syli est allé à Accra sans un véritable
buteur de la tête et surtout d’un attaquant qui a la
classe de Yattara. L’attaque guinéenne était «
démembrée », et les joueurs sur lesquels Nouzaret
reposait son jeu offensif, Youla Souleymane et
Ismaèl Bangoura notamment n’ont pas été à la
hauteur. Ces deux attaquants ont déçu plus d’un
supporter. En effet, après le carton rouge infligé à
Pascal Feindouno (le meilleur joueur du Syli) face
aux Marocains, lors de notre troisième rencontre
face aux Namibiens, le jeune Ismaèl Bangoura
devait en effet, combler ce vide important pour
apporter plus de tonus à l’attaque, notamment sur
les ailes où il évoluait. Mais c’était mal connaître
ce footballeur à la carrure impressionnante mais
très limité dans l’élaboration des actions et occasions
de buts qui se présentaient à lui. Plus d’une
fois, Ismaèl a raté des occasions de buts incroyables
face surtout aux Namibiens et Marocains.
Youla, quant à lui, censé jouer le rôle d’avant-centre
de pointe aura été le joueur qui a le plus déçu en
attaque. Non seulement par la qualité de son jeu
limité mais également par le fait qu’il tombait
comme une “pomme mûre” à chaque contact avec
un joueur adverse. En toute évidence, Sambégou
ou Kaba Diawara aurait mieux défendu les couleurs
nationales. Malheureusement, la ligne offensive
de Nouzaret était d’autant plus timide qu’on
se demandait parfois, si le Syli national était arrivé
à la Can avec une ambition de ramener le trophée
continental à la maison.
Sory Porédaka |