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ACTUALITES GUINEE

 

Pascal Feindouno

“Ce devait être ma CAN et celle du Syli”

C’est donc un capitaine très marqué par les contre-performances de l’équipe que nous avons rencontré à Accra pour tirer les leçons de sa prestation et de celle du onze national à la CAN 2008.

Guinée Football : Pascal, la CAN 2008, c’est terminé pour le Syli. Quel enseignement peut-on tirer de cette compétition, côté guinéen ?
Pascal Feindouno : C’est un bilan contrasté qu’on peut dresser à mon avis. Il ya eu, quoiqu’on dise, du bon et du moins bon. Le
bon, c’est qu’on est parvenu en quart de finale, ce, pour la troisième fois consécutive. C’est vrai que notre ambition affichée c’était de ramener le trophée en Guinée. Ça n’a pas été facile, au regard de la qualité des équipes et de la jeunesse de l’effectif du Syli. On a eu une CAN difficile, dans un groupe A qui n’était pas joué d’avance. On a tenu tête au Ghana, pays hôte, en match d’ouverture, ne perdant que sur un coup du sort. On s’est relancé contre le Maroc,
notre bête noire, qu’on a battu pour la première fois, depuis des années. Beaucoup n’y croyait pas, on l’a fait avec des jeunes joueurs. Mais, par la suite, et c’est le moins bon, l’équipe a déjoué, manquant de concentration et d’application. On n’a pas su imposer notre jeu, construire et donc acculer l’adversaire, comme on le faisait avant la CAN et pendant les entrainements.

Guinée Football : Mais alors, comment l’expliquer ? Les garçons ont-il joué la ‘’peur au ventre’’ ?
Pascal Feindouno : Non ! C’est le poids de l’expérience des grandes compétitions, comme la CAN. N’oubliez pas que l’équipe avait été
rajeunie, ce qui n’est pas mal, en soi. Je regrette seulement, que les joueurs cadres n’aient pas été ‘’à la hauteur de leurs responsabilités’’.
Le carton rouge que j’ai pris a fait mal à l’équipe. Cependant, j’avais cru que d’autres anciens auraient pu assurer ‘’la relève’’. Bon, je
n’accable personne, ça été un faux-pas collectif. Nous devons des excuses au public et à nos admirateurs.

Guinée Football : Pascal, parlons justement de ce carton rouge. Pour beaucoup tu n’aurais pas du réagir comme ça, en tant que capitaine ?
Pascal Feindouno : Vous savez, le football n’est pas facile. J’ai été, vous avez raison, le premier à regretter ce geste et ses conséquences terribles pour l’équipe. Mais, ma réaction n’était pas du tout intentionnelle. Elle a été consécutive à une vive douleur que j’ai ressentie, lorsque le défenseur Marocain a essuyé ses crampons sur ma cheville douloureuse. Une cheville infiltrée afin que je puisse jouer ce match qui me tenait à coeur. Le choc m’a fait mal, et devant la douleur, j’ai réagi instinctivement.
C’est humain ! Vous avez vu Zidane céder à la provocation de Matérazi en Coupe du Monde. Je ne me justifie pas ! J’aurai du
maitriser mes nerfs, mais je trouve que la sanction a été ‘’trop’’ sévère. Un jaune, à défaut un match de suspension, comme John Mensah du Ghana aurait suffit. Mais croyez moi, mon geste, je l’ai très mal vécu, avec le recul. A titre personnel, cette CAN comptait beaucoup pour moi, ma carrière. Je voulais briller et avec,
faire ‘’rayonner ‘’le Syli. Mais l’homme propose et Dieu dispose !

Guinée Football : Comment as- tu vécu le match contre la Côte d’Ivoire ?
Pascal Feindouno : Le coeur meurtri. Ce match m’a fait mal, il était jouable. La preuve, vous avez vu, avec une équipe tactiquement
au point comme l’Égypte, comment les Ivoiriens étaient prenables ? Le coach a constitué une équipe, la meilleure possible, contre la
Côte d’Ivoire. Les garçons ont poussé, ils ont bien débuté mais ils ont fait des erreurs qui se payent cash à pareil niveau, surtout, face à une grosse équipe des Eléphants. Le score était frustrant, il ne reflétait pas le match. Mais depuis le match contre la Namibie, j’avais été auprès des jeunes pour les motiver et les encourager.

Guinée Football : Personnellement, cette CAN a permis d’étoffer ton palmarès ?
Pascal Feindouno : Oui ! En inscrivant les deux buts au Ghana, cela fait de moi le meilleur buteur guinéen en phases finales de la
Coupe d’Afrique des Nations. Un total de huit buts, en trois CAN. J’ai marqué quatre en 2006 en Egypte, deux en 2004 en Tunisie et deux en 2008 au Ghana. Si j’avais joué la Namibie, j’aurai pulvérisé le record et le corser contre la Côte d’Ivoire. Honnêtement ce devait être ma CAN et celle du Syli ! Mais, on ne refait pas l’histoire, on l’assume. J’espère avoir d’autres opportunités de tutoyer le record de Samuel Eto’o, les 16 buts. Je suis à huit déjà (rire).
N’oubliez pas non plus que j’ai été désigné ‘’homme du math d’ouverture’’ contre le Ghana, par la CAF. N’eut été mon expulsion contre le Maroc j’étais pressenti ‘’Homme de ce match également’’. Bref, en attendant, il faut penser aux prochaines échéances, préparer les éliminatoires couplées «Coupe du Monde – CAN
2010». Reconstruire, rajeunir l’équipe, l’étoffer, tirer les leçons de l’échec et repartir sur de bonnes bases. Ne pas oublier qu’en dépit de tout, la Guinée venait de loin, et qu’elle s’est qualifiée au moins, en quart de finales, même si je pense que l’équipe de la campagne égyptienne était mieux soudée et plus complète que celle du Ghana. Soyons positifs car, c’est dans les défaites qu’on construit des victoires.
Respect et grande déférence aux Guinéens qui ont souffert de nos contre-performances. Qu’ils sachent qu’on leur doit un ‘’rachat’’ très prochainement.

 


Article et interview réalisés
par Ibrahima Ahmed Barry


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