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“A mon humble avis, si Pascal Feindouno n’avait pas pris
ce carton rouge, il aurait réalisé la meilleure CAN de son histoire.
Il aurait même été l’un, si non, le meilleur joueur de ce tournoi”
Un commentaire, sans ambages de la part de
l’un des chroniqueurs, les plus respectés
du football africain : Gérard Dreyfus nous
l’a confié, amer, après la débâcle du Syli contre la
Côte d’Ivoire à Sekondi. Ce constat, résume à souhait,
la CAN, à demi teinte, réalisée par le capitaine
et meneur de jeu du Onze National. En effet,
Pascal Feindouno, l’homme qui a su redresser la
mauvaise trajectoire prise par le Syli, lors de l’entame
des éliminatoires, du fait son absence, était
arrivé à Accra, le moral gonflé à bloc, à l’idée de
conduire le Syli vers la conquête de son premier
trophée continental, dans une compétition très relevée.
Le ‘’Chouchou’’ du chaudron- vert s’était
même, ménagé dans les dernières rencontres de
Ligue 1 afin d’être au ‘’top’’ à Accra pour le
compte de la biennale du football africain.
Dépositaire du brassard et trainant le ‘’poids de
l’expérience’’, le métronome du Syli a fait un
début de CAN ‘’époustouflant’’ contre le Ghana,
pays hôte, en match d’ouverture à l’Ohene Djan
Stadium d’Accra. L’artiste né, doté d’une maitrise
technique au dessus de la moyenne, a posé d’énormes
difficultés au milieu et à la défense ghanéens,
ratissant des ballons, distillant des passes et décochant
(de temps en temps), des coup-franc mortels.
C’est lui qui avait failli faire, basculer le match
contre les Black Stars, lorsqu’il déposa une balle
millimétrée sur la tête de Kalabane pour l’égalisation
guinéenne en seconde période. Auparavant, il
avait servi (à Youla et à Ismaël) des «caviars »
qu’ils n’ont pas su concrétiser, nonobstant les duels
qu’il avait gagné au milieu, contre les ‘’ogres’’
Muntari et Essien, écoeurant ainsi de par son
‘’aisance et sa classe’’ le public ébaubi d’Accra.
Que dire de sa seconde et dernière sortie contre le
Maroc ? Si non qu’elle a étalé, au grand jour, toute
la maestria de ce garçon, tout en révélant hélas, ce
que les experts et observateurs avertis appellent
aujourd’hui, l a ‘’Feindouno-dépendance’’ du Syli.
En effet, à lui seul, Pascal avait scellé le sort des
Lions de l’Atlas du Maroc. Son coup-franc magistral,
nettoyant la toile d’araignée du portier marocain,
figé sur sa ligne, est un exemple de chef
d’oeuvre footballistique. Impérial et rayonnant au
milieu du terrain, c’est encore lui, qui permettra à
Ismaël Bangoura, à travers une ‘’passe aveugle’’
de corser l’addition en seconde mi-temps. Et
lorsqu’il eu la lourde charge de transformer le
pénalty provoqué par Youla, il ne ‘’trembla’’aucun
instant, témoignage du sang froid et de maitrise.
Au sortir de ce match qui aura permis aux
Guinéens de vaincre le signe indien «Marocain»,
tous les commentaires étaient unanimes : «Pascal est un grand qui mérite mieux !”.
Mais en football, et comme dans beaucoup de
domaines d’activités de la vie, même les grands
faiblissent. C’est le côté vulnérable de l’humain. Et
pour cause, le capitaine du Syli, pourtant bien parti
pour faire une CAN légendaire a craqué en cédant
à l’instinc et au manque du self contrôle qui singularisent
les fortes personnalités. On a encore en
image, sa réaction allergique et inappropriée qui lui
a valu le carton rouge fatal contre le Maroc.
“Pascal n’a pas mûri ! Non ! Il ne devait pas
réagir comme ça ! En bon et grand capitaine, il devait se maitriser et payer du bon exemple ! Son
geste insensé a été fatal à l’équipe ! C’est dommage
que la CAN soit précocement privée d’un tel
talent …” Le chapelet de réactions et de commentaires
qui a suivi l’exclusion de Pascal, en dit long
sur l’amertume, la colère et la déception du public,
des fans, admirateurs et proches du capitaine ’’fautif’’
du Syli. Dans cette chaîne de réactions, il y
aura eu celle (éclairée et pragmatique) de l’ancien
président de la fédération guinéenne de football.
Le Dr Baba Sakho, ancien membre du bureau exécutif
de la CAF a regretté et déploré ce geste
‘’d’inadvertance’’. “Vous savez, les footballeurs
sont avant tout, des humains mais, au regard de la
dimension et de l’envergure qu’on donne au football
aujourd’hui, on voudrait que ces sportifs soumis
à des stress et à d’énormes pressions soient des
Saints… C’est impossible, parce que, quelque soit
leur maitrise, comme vous et nous, ils finiront un
jour, par craquer. Hélas, comme ce fut le cas de
Pascal que je ne dédouane pas, mais que je comprends”.
Dommage ! Témoignait à chaud, de
l’ancien et très averti président de la fédération guinéenne
de football à Accra. Le geste de Pascal a été des conséquences négatives sur le comportement
d’ensemble de la bande à Nouzaret, devenue
orpheline de son maître à jouer, diminuée, peu inspirée
et donc sans âme. Dès lors, si on n’avait vu
auparavant un Syli conquérant avec Pascal, on a
fini par découvrir un autre onze national “quelconque”
sans Feindouno. En témoigne le ‘’non math’’
contre la Namibie et surtout, le naufrage face à la
Côte d’Ivoire. Des matches crispants et rageants
que le capitaine “banni” a suivi le coeur serré, la
mine triste depuis les tribunes du Stadium de
Sekondi. Comme tous les Guinéens, Pascal a souffert
le martyr d’un Syli balloté et malmené qui aura
bu le calice jusqu’à la lie. |